Suis-je coupable d’abandon, vous désirez être rassuré ?

Il est certain que l’entrée en institution constitue une étape décisive. La culpabilité est présente pour vous. Pour la personne âgée c’est un tournant de sa vie, en effet maison de retraite pour beaucoup de personnes rime avec fin de vie, maladie, handicap, difficultés…. Alors qu’en réalité il s’agit d’un lieu de vie !

Certes il y a une période d’adaptation, du passage de l’ancienne vie à la nouvelle.

Sachez qu’une maison de retraite apporte le confort, la disparition de la solitude, la personne est entourée avec les autres résidents.

Elle participera à des activités diverses, elle sera écoutée, soutenue par le personnel soignant et un projet de vie va être mis en place. Les habitudes de vie seront respectées et le maintien de son autonomie également pour améliorer son bien-être.

Le confort matériel sera fourni par l’institution, et tous les soins nécessaires seront apportés de jour comme de nuit.

N’hésitez pas à poser des questions, à participer à la vie de votre parent, gardez vos liens familiaux, c’est primordial pour la santé physique et morale du résident !

Nous, soignants sommes là pour communiquer avec vous, établir des relations, collaborez avec vous pour une bonne adaptation !!

L’entrée en urgence

C’est une véritable angoisse le placement dans un établissement d’une personne âgée, aussi bien que pour la famille.

C’est une décision prise dans des conditions difficiles et malheureusement c’est un phénomène devenu fréquent

  • culpabilité
  • angoisse
  • abandon…

Récemment, une de mes collègues a dû « placer » sa maman en urgence. Un véritable parcours du combattant!!
Celle ci , suite à une chute, a été hospitalisée mais elle ne pouvait plus se débrouiller seule, (surpoids).

Ma collègue et ses deux soeurs ont dû chercher désespérément un lieu d’accueil, on leur a proposé des établissements très loin de leur domicile, peu adaptés aux besoins de leur maman, peu d’informations bref la panique!

 

Une étape capitale

Il faut anticiper l’entrée en maison de retraite, ne pas repousser l’idée mais au contraire approfondir, réfléchir.
Bien sûr, les circonstances sont variées, AVC, chutes, fractures, col de fémur.. qui font que le retour à domicile n’est pas envisageable.

Dans l’anticipation, dans la réflexion, il faut se renseigner en passant par plusieurs étapes:

  • Identifier les besoins du futur résident
  • Demander de l’aide auprès de professionnels, assistante sociale,médecin, associations, équipes hospitalières.
  • Choisir en visitant plusieurs établissements, voir le mieux adapté aux besoins physiques et psychologiques de la personne âgée.
  • Voir la qualité de vie à venir, localisation de cet établissement pour les visites des proches, les délais d’entrée sont aussi à prendre en compte.

Tarifs

Connaître les différents tarifs de prix de journée, là aussi ne pas hésiter à demander des aides possibles auprès d’organismes,  se faire aider dans les démarches administratives.

En conclusion, prendre son temps, chercher le meilleur endroit, le mieux adapté, se faire aider et conseiller par des professionnels, afin d’éviter ce traumatisme de placement en urgence, fait sans liberté, sans choix !!

Culpabilité des familles

L’entrée en maison de retraite est un évènement difficile, autant pour la famille que pour la personne âgée elle-même.

Le maintien à domicile étant devenu impossible, la maladie apparaissant, il faut se rendre à l’évidence : la rupture avec la vie d’avant est faite !

Il faut annoncer le placement, et la famille ressent des sentiments contradictoires : la souffrance et le soulagement.

La souffrance, le sentiment d’échec, la culpabilité de confier son proche à des professionnels.

Le soulagement de ne plus faire face à la prise en charge qui est devenue trop lourde.

A ce moment là, pour les descendants, peuvent se raviver des conflits anciens, règlements de compte, désaccords, la part de responsabilité etc…tous ces sentiments mélangés peuvent s’exprimer par de l’agressivité vis-à-vis de la personne âgée comme envers les soignants, le système familial est déséquilibré, les repères sont effacés.

De plus l’institution représente le dernier lieu de vie, donc la famille a le sentiment d’abandonner son proche ; d’où une angoisse un traumatisme qui n’était pas prévu.

Certains se montrent agressifs (en lien avec les angoisses sur le devenir de leur parent).

Aussi il faut veiller à favoriser les relations existantes avec le résident qui a transmis des valeurs, des mode de pensées.. ;
Cela aidera aussi à favoriser l’intégration au sein de l’institution.

La famille peut servir de médiateur entre les soignants et les autres résidents, ce qui facilite le fait de se familiariser à ce nouveau lieu de vie.

Favorisez les liens !

Ainsi, nous devons réfléchir à la place à donner à la famille dans une institution gériatrique. Certes l’attention doit être portée en premier lieu vers la personne âgée mais les professionnels ne doivent pas perdre à l’esprit qu’autour d’elle gravite sa famille et qu’elle aussi peut être en souffrance par rapport à la situation qu’elle vit avec son proche. Ce paramètre doit par conséquent être pris en compte. Ainsi se crée une triangulation personne-âgée/famille/institution.